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COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LE CAMBODGE

La conscience du passé chez les Khmers et leurs voisins.
Approches linguistiques, historique et ethnologique


Appel à communications

Phnom Penh, 15-16-17 décembre 2014


La faculté d’archéologie de l'Université Royale des Beaux-Arts de Phnom Penh, en collaboration avec l'Unité de Recherche Structure et Dynamique des Langues (UMR 8202 - INALCO/IRD/CNRS) et l'AEFEK, lance un appel à communications dans le cadre d’un colloque international sur les Études Khmères qui se tiendra du 15 au 17 décembre 2014 en ses murs en vue d'explorer les représentations du passé au sein du monde khmer et plus largement indochinois.

Appel à communications
Taille : 470 ko

Call for papers
Taille : 363 ko



Publication n° 67 de la Revue PENINSULE


Femmes d'affaires /Affaires d'hommes


couriel de l'AEFEK


Actualité de l'AEFEK

Bulletin de l'AEFEK 19


L’aristocratie khmère à l’école des humanités françaises



En 1863, Norodom (r. 1860-1904) obtint la signature d’un contrat de protection entre la France et le Cambodge. Ce traité marquait l’aboutissement d’une stratégie engagée par Ang Duong (r. circa 1846-1860) pour désenclaver le pays khmer de la double tutelle siamoise et vietnamienne. La présence française permit alors au roi de recouvrer une souveraineté à bon compte.

Mais l’avènement des républicains en 1871 et bientôt la victoire des radicaux aux élections de 1881 bouleversent les relations qu’entretiennent la métropole et le lointain Protectorat du Cambodge. Dans les colonies, les administrateurs fraîchement nommés ont à cœur d’illuminer les peuples de leur Progrès jacobin, lequel contredit à angle droit la tradition du gouvernement des hommes par le « maître de la surface d’en-bas ». De protégé, Norodom devient une cible. En 1884, le palais est encerclé et investi... (cliquez ici)





Echo de la recherche : 2° semestre 2014



L'actualité bibliographique concernant les études khmères (cliquez ici)



Espace lecture : les nouvelles entrées




L'Actualité vue d'ailleurs



La numérisation du fonds Adhémard Leclère de la Médiathèque d'Alençon

Auteur prolixe natif d’Alençon, Adhémard Leclère (1853-1917) est surtout connu pour sa contribution à la connaissance de la société khmère, qu’il côtoya pendant plus d’une vingtaine d’années de 1886 à 1910, comme administrateur colonial. Si son œuvre ethnographique est encore aujourd’hui nécessaire aux spécialistes du Cambodge, il est nécessaire de rappeler qu’elle est fondée sur une masse documentaire de première main aujourd’hui conservée à la Médiathèque d’Alençon (circa 17.000 feuillets).

Ladite Médiathèque, qui a eu l’excellente idée de numériser ce fonds, en particulier les trente six dossiers manuscrits rassemblés par Adhémard Leclère sur l’histoire, la religion ou les mœurs et coutumes du royaume khmer, et de le mettre à la disposition des internautes sur le site suivant : cliquez ici.



Le legs de l'Orientalisme français : un héritage à exploiter

Lire et relire les Anciens



Lévi, Sylvain (1863-1935)

Présentation

En 1882 , à 19 ans, sous les conseils de l’académicien et historien des religions Ernest Renan, le jeune Sylvain Lévi  se mit à  l'étude du sanskrit sous la direction d’Abel Bergaigne. Dès 1885, il devint chargé de cours à l'École pratique des Hautes Études aux côtés de son maître. Il lui succéda pour cet enseignement en 1888. Il y exerçait aussi une charge de cours à la section religieuse de l'École. Parmi ses  premiers élèves, on compte un certain Louis Finot (le premier directeur de l’École française d’Extrême-Orient). En 1894, il laissa toutes ces charges pour professer au Collège de France.
 
Si ses premiers travaux étaient consacrés aux belles-lettres sanskrites, notamment dans sa thèse sur le Théâtre indien (1890), par la suite, il multiplia apprentissages et domaines de recherche afin d'appréhender de toutes parts la pensée indienne. Ainsi, au cours de sa longue carrière scientifique, il assoit l'histoire de l'Inde sur des bases chronologiques beaucoup plus sûres, fait une magistrale histoire du Népal, retrace les voies de l'expansion du bouddhisme, redéfinit la constitution des canons de diverses écoles du bouddhisme, dévoile la structure du sacrifice védique, apporte une contribution majeure au déchiffrement et à la compréhension du tokharien.
 
Son oeuvre considérable connut un rayonnement international, tant en Europe qu'en Asie, où il fit plusieurs séjours, notamment en Inde, au Népal et au Japon (il dirigea la Maison franco-japonaise de Tokyo de 1926 à 1928). De même fut-il un bâtisseur institutionnel, posant aussi bien les fondements de l'enseignement indianiste français que ceux de l'Institut de civilisation indienne, créé en 1927.
 
Par ailleurs, ce grand savant n'a pas dédaigné de s'adresser à un large public dans des écrits dont le style élégant et lucide rend accessible le fruit d'une vaste érudition. L'internaute peut en juger par les quatre textes que l’on a mis à sa disposition.


"Sylvain Lévi, historien"
Taille : 184 ko - Dernières modifications : 13/03/2007

[In Memoriam de Sylvain Lévi par un de ses disciples, Jean Przyluski dans la Revue historique, janv-juin 1936, t. 177 : 234-236. ]

 
"L'Inde et le monde", in Revue de Paris, 1° avril 1925, t.1 : 527-554.
Taille : 1700 ko - Dernières modifications : 26/05/2006
 
[OUVRAGE] L'Inde et le Monde, Paris, Honoré Champion Editeur, 1928, 175p.
Taille : 4676 ko - Dernières modifications : 17/02/2006
 
"L'oeuvre de la civilisation indienne", in Revue de Paris, 15 février 1925, t.1 : 784-813.
Taille : 1709 ko - Dernières modifications : 17/02/2006
 
"Occident et Orient, essai sur l'humanisme", in Revue de Paris, 1° octobre 1925, t.5 : 528-540.
Taille : 806 ko - Dernières modifications : 26/05/2006
 

Pelliot, Paul (1878-1945)

Présentation

A la fois philologue, linguiste, archéologue et historien, Paul Pelliot (1878-1945) est l’un des maîtres des études asiatiques françaises. Durant quatre décennies, ses thématiques de recherche englobent aussi bien  l’histoire de l'Asie centrale turque et mongole que l’histoire chinoise et indochinoise, la littérature et la philologie chinoises, la linguistique (études sur le tokharien, le koutchéen et les langues altaïques), l’archéologie et l’histoire de l’art (grottes des " mille Bouddhas " à Dunhuang ; bronzes et jades chinois), l’histoire des religions (manichéisme chinois, bouddhisme, taoïsme, christianisme en Extrême-Orient), sans oublier l’histoire des voyages médiévaux en Extrême-Orient (notamment Marco Polo, Hiuan-tsang).
 
Cela dit, pour mieux cerner le personnage du savant complet posons les grandes étapes de son parcours intellectuel. Licencié ès lettres, il débute sa carrière d’orientaliste par un diplôme de chinois de l'École des langues orientales. En 1899,  à 21 ans, il est nommé pensionnaire de la Mission archéologique en Indochine – la future EFEO -, puis professeur de chinois deux ans plus tard. En 1900, il est envoyé en mission à Pékin,  en vue de mettre sur pied une bibliothèque chinoise.  Il regagne Saigon en 1901 avec dans ses bagages assez de livres, de peintures et d'objets d'art pour constituer le premier fonds de la bibliothèque et du musée de l'EFEO.
 
Durant ses premières années de recherche, il se donne pour tâche de rassembler les documents fondamentaux de l'histoire indochinoise et particulièrement les textes chinois qui constituent les plus anciens textes historiques sur les pays de l'Indochine. Parmi ses publications, on retient notamment ses articles « Mémoires sur les coutumes du Cambodge de Tcheou Ta-Kouan », qu'il traduit et annote dans le BEFEO (1902), et « Le Fou-Nan » (BEFEO, 1903) [textes consultables sur le site de l’AEFEK]. L'année suivante, il publie, toujours dans le BEFEO, « Deux itinéraires chinois de Chine en Inde à la fin du VIIIe siècle », commentaire nourri d'une nomenclature géographique qui constitue alors l'une des bases de l'histoire de l'Asie du Sud-Est.
 
Au vu de ses compétences scientifiques, mais aussi de ses qualités d’homme d’action, il se voit confier une expédition en Asie centrale (1906-1908) reliant Paris à Pékin le long de la Route de la Soie, par le Nord. Parmi les matériaux récoltés au cours de ce périple, on retiendra la riche collection de manuscrits des VIe-XIe siècles (en chinois, tibétain, ouïgour, sanscrit, etc.), les peintures et objets d’art acquis dans les grottes de Dunhuang. Les résultats de la mission scientifique paraîtront entre 1914 et 1928 dans une série intitulée : Mission Pelliot en Asie centrale. I. Les grottes de Touen houang. Peintures et sculptures bouddhiques des époques des Wei, des T'ang et des Song, 6 vol. II. Sûtra des causes et des effets du bien et du mal (édition et traduction d'après les textes sogdien, chinois et tibétain ; en collaboration avec R. Gauthiot).
 
De retour en France, reconnu par ses pairs, il occupe le poste de professeur des langues, histoire et archéologie de l'Asie centrale au Collège de France (1911-1914 ; 1918-1945) ; un poste spécialement crée pour lui. Directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études, IVe section (1927-1945), professeur de philologie, littérature et art chinois à l'Institut des Hautes Études chinoises de la Sorbonne (1927-1945), Paul Pelliot fut codirecteur (avec Henri Cordier) puis directeur de la revue T’oung Pao, dont il fit l’organe le plus prestigieux de la sinologie mondiale.

"Une bibliothèque médiévale retrouvée au Kan-Sou", BEFEO, t. 8, 1908 : 501-529.
Taille : 2149 ko - Dernières modifications : 06/07/2006
 
" Les influences iraniennes en Asie Centrale et en Extrême-Orient," in Revue d'Histoire et de Littérature Religieuses, N.S. 3, 1912 : 97-119.


Taille : 954 ko - Dernières modifications : 06/07/2006
 
"Notes sur les anciens itinéraires chinois dans l'Orient romain", in Journal asiatique, série 11, t. 17, janv-juin 1921 : 139-1945.
Taille : 342 ko - Dernières modifications : 06/07/2006
 

Ferrand, Gabriel (1864-1935)

Itinéraire d’un savant-diplomate

Tenter de retracer le parcours du savant orientaliste Gabriel Ferrand, c’est suivre un itinéraire émaillé d’interstices. À notre connaissance, mis à part une note nécrologique de Gaudefroy-Demombynes dans le Journal asiatique de 1935 et un hommage-souvenir en néerlandais du doyen des Études islamiques, Christiaan Snouck Hurgronje, dans le Jaarboek 1934-1935 [1], aucune étude détaillée sur l’homme et sur son travail n’a été rendu public, aucune solide bibliographie  n’a été publiée [2]. Certes, sa situation professionnelle dénote un statut atypique dans le monde de la recherche. Son curriculum vitae révèle en effet une longue carrière consulaire au service de la diplomatie française. Ce qui ne l’a pourtant pas empêché de publier dans le même laps de temps, et au-delà, des travaux de premier plan et reconnus comme tels par le monde universitaire, autant sur le monde malgache que sur les échanges et les contacts à travers l’océan Indien, mare islamicus jusqu’au XVe siècle. C’est pourquoi  les ratés à la mémoire du savant sont à rechercher dans un autre registre. Occupé qu’il était par sa carrière administrative et par ses travaux orientalistes, il n’a pu s’engager dans la formation de disciples [3]. Contrairement à une pratique répandue dans l’orientalisme français, ici, faute de candidat, aucun élève n’a rendu hommage au maître.

Huit décennies plus tard, reconstituer le puzzle s’avère délicat. Cela étant, les informations glanées sur la toile ou dans différents ouvrages et revues, une fois mises bout à bout, offrent  un clair-obscur sur un des orientalistes français les plus méconnus de sa génération. Voici donc cet itinéraire de vie de l’érudit.

I. La découverte d’une vocation dans la Corne de l’Afrique.

Paul Gabriel Joseph Ferrand est né le 22 janvier 1864 à Marseille. En 1882, à 18 ans, le jeune Ferrand, engagé par la maison de commerce lyonnaise  « Mazeran, Viannay, Bardey et Cie»,  est envoyé  dans la ville portuaire de Zeilah, sur la côte somalienne en face du golfe d’Aden où la maison-mère  a ouvert une succursale. C’est son premier contact avec le monde arabico-africain. Un contact qui ne se réduit pas à terme au seul négoce du café d’Abyssinie. De par les contacts avec les autochtones du fait de son quotidien professionnel, de par les liens distendus avec un Occident lointain, se développe chez lui une curiosité intellectuelle pour la langue et à la culture somaliennes. Par la suite, si, pour anecdote, on peut rappeler que par ses déplacements entre Zeilah et Aden, il a fait la connaissance d’Arthur Rimbaud qui se trouve lui-aussi dans la région au même titre d’employé de la maison « Bardey » [4], on peut supposer que c’est par les contacts  avec un de ses patrons, Alfred Bardey, membre de la Société de géographie de Paris et son correspondant sur place,  qu’il va être mis en relation avec le monde de l’enseignement orientaliste.

En 1883, il quitte son emploi, séjourne à Alger et suit des cours à l'École supérieure des Lettres d'Alger, un haut-lieu de formation des études orientales. Bénéficiant du soutien et des cours du Doyen et directeur de l’École, René Basset, arabisant et berbérisant de renom, il  est formé aux langues et aux cultures du monde arabe et de la Corne de l’Afrique. Ces années d’études favorisent la naissance d’un lien d’amitié entre le maître et l’élève. Preuve de ce lien pérenne, en 1924, Gabriel Ferrand fera la nécrologie de son mentor dans le Journal asiatique [5].

Ce bel hommage fait apparaître des indices qui peuvent éclairer certaines parties de son propre cheminement intellectuel et professionnel. Faut-il voir dans ce premier extrait les premiers souvenirs du jeune ex-négociant de Zeilah franchissant les portes du bureau de René  Basset  ? : « A la première visite d’un futur élève, français ou indigène, il ne réclamait que de la bonne volonté et un travail assidu. Une incomplète instruction générale ne lui parut jamais vice rédhibitoire : il y suppléait par des conseils appropriés et des directions spéciales destinés à combler l’insuffisance de préparation du candidat. » (p. 139). Faut-il voir dans ce second extrait  un rappel implicite du rôle joué par René Basset dans son orientation vers la carrière diplomatique, de par les contacts établis entre le Doyen et le ministère des Affaires Etrangères ? : « Un jour, je ne sais par qui ni comment, le Ministre des Affaires Etrangères apprit l’existence de ce professeur algérien dont on avait vanté la valeur à quelque haut fonctionnaire de ce département. Par une initiative sans précédent, on lui fit offrir le grade de consul général et les fonctions de chargé d’affaires à Tripoli de Barbarie. Basset avait à peine dépassé la trentaine [1886-1887 ?] ; l’offre était alléchante, car elle permettait d’escompter une brillante carrière future : il refusa. » (p. 139). 


II. Le diplomate au service du savant.

Quoi qu’il en soit, Gabriel Ferrand, lui, ne refusera pas cette opportunité professionnelle. Mais ce choix ne le détournera pas pour autant de son attrait pour les études en sciences humaines. Tout le long de sa carrière professionnelle, le diplomate et l’orientaliste seront les deux profils du même personnage. Le premier nourrissant le second par les contacts sur le  terrain et par les possibilités d’accéder aux sources locales.

Ainsi, les publications contemporaines liées aux études malgaches font régulièrement références aux travaux de Gabriel Ferrand sur l’histoire, la linguistique, l’ethnographie de la Grande Île (cf. la partie «Bibliographie»). Mais, faut-il le rappeler, l’intérêt porté par Ferrand à Madagascar et aux apports culturels exogènes (du monde arabe,  du monde malais) ne s’est pas déclenché sous les lambris d’une bibliothèque parisienne. La genèse de cette production scientifique a bien évidemment en toile de fond  l’affectation du jeune diplomate au poste de vice-consul à Madagascar (de 1887 à 1896).

Par la suite, sa carrière consulaire se poursuit par de nouvelles affectations :  vice-consul à Bender-Bouchir en Perse (1898), puis au Siam à Oubone (1899-1902), enfin à Recht, ville persane sur les bords de la mer Caspienne (1903-1904). Suivant le schéma préétabli, l’orientaliste élargit son centre d’intérêt vers le grand large oriental de l’océan Indien. À son retour en Europe en 1905, le turc, le persan et le malais accompagnent désormais le savant polyglotte. Cette même année, du côté de la chancellerie, il est promu consul et  envoyé en poste à Stuttgart (Allemagne); poste qu’il occupe jusqu’en 1913. Pour clore ce chapitre diplomatique, entre 1915 et 1919, on le retrouve aux Etats-Unis comme consul général à la Nouvelle-Orléans et, il terminera sa carrière consulaire avec le titre de ministre plénipotentiaire.

Ces huit années de présence sur le sol allemand lui offrent de précieux allers-retours vers Paris; des séjours parisiens durant lesquels il en profite pour fréquenter avec  assiduité  les salles du département des manuscrits orientaux de la Bibliothèque nationale. Poursuivant le travail de Joseph Toussaint Reinaud, ancien conservateur dudit département, il s’engage à son tour, à travers le prisme des avancées historiques et philologiques de son temps, à traduire, annoter et commenter les textes de géographie humaine des voyageurs et navigateurs médiévaux du monde musulman au contact de leur propre Orient (de l’Inde à la Chine). Autant de matériaux traités qui sont mis à la disponibilité  de la communauté scientifique (cf. son Relations de Voyages et textes géographiques arabes, persans et turks, relatifs à l'Extrême-Orient du VIIIe au XVIIIe s). Vers la cinquantaine, son intérêt croissant pour l’histoire de l’Extrême-Orient l’amène à se lancer dans l’étude du chinois (sur les conseils de Paul Pelliot ?). Résultat, en exploitant les sources littéraires moyen-orientales, malaises et chinoises sur la longue durée, il contribue à battre en brèche l’idée que l’histoire de la navigation interocéanique dans l’océan Indien débute avec l’arrivée de Vasco de Gama en 1498 (cf. « Le K’ouen Louen et les anciennes navigations interocéaniques dans les mers du Sud », Journal asiatique ). Sur le passé de l’Asie du sud-est, il contribue à la mise en œuvre de l’historiographie des États de la région en exploitant le corpus de textes anciens moyens-orientaux et asiatiques faisant écho de témoignages directs ou rapportés d’itinérants de passage dans la zone (cf. « L’empire sumatranais de Çrīvijaya », Journal asiatique).


III. Parmi ses pairs orientalistes.

Très vite, le diplomate Gabriel Ferrand est considéré comme un membre à part entière du milieu savant des orientalistes. En 1909, il obtient un doctorat d’Université pour une thèse de linguistique comparée entre le malais et le malgache; thèse soutenue à la faculté des Lettres de l’Université de Paris. Mais sans attendre ce titre universitaire, ses travaux sont reconnus : ils sont régulièrement cités dans les renvois bibliographiques des publications scientifiques et sont signalés dans des comptes rendus de revues  orientalistes de premier plan telles que le Journal asiatique, le BEFEO ou la revue Syria. Coopté par ses pairs, il est membre de la société asiatique et de la société de linguistique de Paris (1901).

En 1920, en retraite d’une longue carrière consulaire, il prend la suite de Louis Finot comme rédacteur du Journal asiatique  jusqu’à son décès en 1935. En 1923, il reçoit le prix « Herbert Allen Giles » de la Société asiatique de Paris pour son étude sur « L’empire sumatranais de Çrīvijaya ». Sa notoriété dépasse le seul cadre hexagonal. Il entretient ainsi  une correspondance régulière avec ses collègues néerlandais (Hendrik Kern, Christiaan Snouck Hurgronje). Il est d’ailleurs membre de l’Académie royale néerlandaise des arts et des sciences (KNAW) depuis 1921. Symbole de cette relation de travail et d’amitié, lors du XVIIIe congrès des Orientalismes qui a lieu à Leiden (7-12 septembre 1931),  il est invité par le comité d’organisation batave à intervenir sur Les géographes arabes et l'océan Indien; et parmi les autres membres de la délégation française, on trouve Sylvain Lévi, Paul Pelliot, Louis Massignon, Jean Przyluski, Henri Maspero… que du beau monde !

Gabriel Ferrand décède le 31 janvier 1935 à Paris.

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[1] Gaudefroy-Demombynes, Maurice, « Nécrologie, Gabriel Ferrand », Journal asiatique, vol. 227, 1935 : 141-143; Snouck Hurgronje, Christiaan, « Levensbericht G. P. J. Ferrand », Jaarboek, 1934-1935, Amsterdam : 223-228.

[2] Ce constat est atténué en ce qui concerne la partie de ses travaux sur la géographie, la cartographie et la navigation du monde musulman dans l’océan Indien : cf. ce travail de compilation et d’édition des textes de Gabriel Ferrand par l’institut des Études islamiques de l’Université Johann Wolfgang Goethe (Francfort-sur-le-Main) : Fuat Sezgin (Collected and reprinted by) ; Mazen Amawi, Carl Ehrig-Eggert, Eckhard Neubauer (in Collaboration with), Studies by Gabriel Ferrand on Arab-Muslim Geography, Cartography and Navigation, Frankfurt am Main, Institute for the History of Arabic-Islamic Science at the Johann Wolfgang Goethe University, 1994, 3 vol., 354 p., 377 p., 342 p.

[3] De cause à effet, mise à part une série de conférences données à partir de 1929 à École pratique des hautes études, Section des sciences historiques et philologiques, sur la partie « Géographie ancienne », son profil de savant ne révèle nulle trace d’enseignement et d’ancrage dans le milieu universitaire.

[4] Cf. Caussé, Alban & Desse, Jacques, « Rimbaud, Aden 1880. Une photographie », La revue des deux mondes, septembre 2010. [article en ligne avec des suppléments photographiques sur le blog, http://culturevisuelle.org/blog/6493]

[5] Ferrand, Gabriel, « Nécrologie, René Basset (1855-1924) », Journal asiatique, vol. 204, 1924 : 137-141.

Bibliographie de Gabriel Ferrand
Taille : 591 ko - Dernières modifications : 16/06/2012
 
" A propos d’une carte javanaise du XVe siècle ", Journal asiatique, 11° série, t. 12, 1918 : 158-170.
Taille : 555 ko - Dernières modifications : 05/05/2005
 
" Le K’ouen Louen et les anciennes navigations interocéaniques dans les mers du Sud ", Journal asiatique, 11° série, t. 13, 1919 : 239-333 & 431-492, 11° série, t. 14, 1919 : 5-68 & 201-241.
Taille : 12760 ko - Dernières modifications : 30/06/2012
 
" Les poids, mesures et monnaies des mers du Sud aux XVe et XVIIe siècles ", Journal asiatique, juillet-septembre 1920 : 1-150 & octobre-décembre 1920 : 192-312.
Taille : 13247 ko - Dernières modifications : 30/06/2012
 
" L'empire sumatranais de Çrīvijaya ", Journal asiatique, 11° série, t. 20, 1922 : 1-104 & 161-246.
Taille : 15027 ko - Dernières modifications : 30/06/2012
 
" L'élément persan dans les textes nautiques arabes des XVe et XVIe siècles ", Journal asiatique, vol. 204, 1924 : 193-257.
Taille : 3073 ko - Dernières modifications : 10/06/2012
 

Przyluski, Jean (1885-1944)

Présentation
 
Né au Mans en 1885 , la carrière professionnelle du jeune Przyluski semble toute tracée dans l’appareil administratif colonial : en 1907, breveté de l’Ecole coloniale – section Droit-, il débarque à l’âge de 22 ans au Tonkin comme élève-administrateur. Après deux années de stage, il est nommé Administrateur des Services civils de l’Indochine, et à vingt-six ans,  il assume les fonctions de Chef de la Section des Affaires indigènes au Gouvernement général de l’Indochine.
 
Cependant, à la même époque, toute une série d’interventions extra-professionnelles met en relief les prédispositions du jeune fonctionnaire colonial à s’engouffrer dans le personnage du savant orientaliste. Avant d’embarquer pour l’Indochine, Jean Przyluski a suivi à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) l'enseignement de Marcel Mauss sur « l'Histoire des religions des peuples non-civilisés » et du sinisant Edouard Chavannes, témoignant par-là d’une curiosité significative pour les sciences historiques et sociales  et pour le chinois. Au Tonkin, il se met à l’étude de la langue et de la culture vietnamiennes. Ses progrès sont si rapides qu’il est chargé de cours d’annamite à la Résidence supérieure du Tonkin. Profitant d’un congé en France en 1911, il passe le diplôme des Langues Orientales. De par ses contacts avec le sol et les hommes de cet Extrême-Orient, il publie plusieurs articles dans le Bulletin de l’Ecole d’Extrême-Orient qui soulignent les connexions entre les rites et les croyances, les faits  de langue, les techniques, le milieu géographique et économique. (« Note sur le culte des arbres au Tonkin », 1909). Un schème qui va ensuite structurer toute son œuvre. 
 
En 1913, malade, il rentre définitivement en France et est nommé suppléant du professeur d’annamite à l’Ecole  des Langues Orientales. A partir de cette période, il se consacre entièrement au travail scientifique. Pour parfaire sa formation orientaliste, il se retrouve sur le banc des auditeurs de l’EPHE et du Collège de France et entre en relation avec les maîtres orientalistes que sont Sylvain Lévi, Louis Finot, Antoine Meillet. Parlant la plupart des langues européennes, son don des langues lui permet de maîtriser le sanskrit, le pāli et le tibétain.
 
Il oriente dès lors sa réflexion sur la civilisation indienne. Plus particulièrement, suivant les conseils de Sylvain Lévi, il se consacre à l’étude du bouddhisme à travers les textes anciens en pāli et en non pāli (chinois, sanskrit, tibétain). Deux travaux majeurs le consacreront comme un des meilleurs spécialistes sur le sujet (« La légende de l'empereur Açoka (Açokāvadāna) dans les textes indiens et chinois» (1923) et « Le concile de Rājagrha; introduction à l'histoire des canons et des sectes bouddhiques » (1926)), et en 1926, la chaire de Philologie bouddhique est crée pour lui à l’EPHE. En 1930, après avoir suppléé Louis Finot dans la chaire d’histoire et de philologie indochinoises au Collège de France durant sept ans, il lui succède comme titulaire. Dans le même temps, en collaboration avec les meilleurs spécialistes et avec la participation active de sa plus proche disciple, Marcelle Lalou, il entreprend la publication d’un instrument de travail de premier ordre, la « Bibliographie bouddhique ».
 
Homme de grande culture et passionné par les recherches dans des disciplines aussi diverses que l’histoire des religions, la préhistoire, l’ethnographie, la linguistique, à l’étude du bouddhisme qui lui permet de suivre les routes d’échanges de l’Asie, s’ajoute un intérêt pour la genèse de la civilisation indienne. Au fur et à mesure de ses recherches, il voit la société indienne non plus comme un fragment de la civilisation indo-européenne mais comme un ensemble mouvant où sont mêlés les influences diverses et les éléments ethniques variés qui sont les facteurs des civilisations asiatiques. Ces travaux ont suscité des critiques de certains de ses pairs. Il faut reconnaître que ses idées détonnent face à la doxa sur « l’indianisation », c’est à dire la contribution civilisatrice de l’Inde sur le continent asiatique. Il faut aussi reconnaître que les tendances de Jean Przyluski à systématiser, à rechercher le dénominateur commun à la pensée humaine l’ont amené à partager la thèse du linguiste allemand R.P. Schmidt, contestée à l’époque et aujourd’hui dépassée (BEFEO, t.7, 1907), sur le regroupement des  langues austroasiatiques et des langues austronésiennes dans le super-groupe « des langues austriennes ». Ainsi, travaillant sur le vocabulaire sanskrit, il relève l’apport d’éléments linguistiques provenant de langues dites anaryennes, équivalence nominale de « austro-asiatique » dans ses textes, auxquelles il y attache les langues munda de l’Inde, les langues mon-khmer de la péninsule indochinoise mais aussi le cham ou le malais. Sur le plan religieux, pendant plusieurs années, il poursuit l’étude des influences iraniennes sur les croyances de l’Inde, et notamment sur le développement du bouddhisme (« La ville du Cakravartin: Influences babyloniennes sur la civilisation de l'Inde », 1927).

Enfin, dans la dernière partie de sa vie, pour éprouver la valeur de sa thèse sur l’unicité  de l’esprit humain au travers de ses manifestations multiples, Jean Przyluski  oriente une partie de ses recherches sur la croyance originelle, les cultes de la Déesse Mère ; un sujet qui l’entraînera  dans l’Iran, la Babylonie, l’Asie Mineure, le monde étrusque, etc.

[ Macdonald (A. W.) & Lalou (M.), " L'œuvre de Jean Przyluski", Paris, Adrien Maisonneuve, 1970, 139 pages.

Cette publication sur la bibliographie  de Jean Przyluski - à caractère descriptif - cherche à rendre d'un accès plus facile une œuvre aussi dispersée que volumineuse (plusieurs monographies et près de deux cents articles).  ]



"L'or dans le folklore annamite", in BEFEO, t. XIV, n°5, 1914 : 493-568.
Taille : 922 ko - Dernières modifications : 10/10/2006
 
"Le Nord-Ouest de l'Inde dans le Vinaya des Mūlasarvāstivādin et les textes apparentés, in Journal Asiatique", t. IV , nov.-déc. 1914 : 493-568.
Taille : 3851 ko - Dernières modifications : 10/10/2006
 
"Emprunts anaryens en indo-aryen", Bulletin de la Société de Linguistique de Paris, vol. XXV, 1, 1924 : 66-71.
Taille : 183 ko - Dernières modifications : 10/10/2006
 
"Noms de villes indiennes dans la Géographie de Ptolémée", Bulletin de la Société de Linguistique de Paris, vol. XXVII, 3, 1927 : 218-229.
Taille : 402 ko - Dernières modifications : 10/10/2006
 
"Le prologue-cadre des Mille et une Nuits et le thème du Svayamvara; contribution à l'histoire des contes indiens", in Journal Asiatique, t. 205, juillet-sept. 1924 : 102-137.
Taille : 1780 ko - Dernières modifications : 10/10/2006
 

Mus, Paul (1902-1969)

Présentation
 
Présenter Paul Mus, c’est  présenter un parcours singulier qui le situe au croisement d’héritages scientifiques hétéroclites dont il saura faire une synthèse entièrement personnelle. Tout comme son maître Przyluski, Paul Mus construit sa pensée d’un point de vue ‘asien’.

Né en 1902 à Bourges, il rencontre le terrain indochinois dès l’âge de cinq ans, lorsque son père est nommé fonctionnaire à Hanoi (1907). Le jeune Paul reçoit de cette première dizaine d’années une impression durable. Il y passe son adolescence, puis vient au début des années 1920 faire ses études supérieures à Paris. Là, il acquiert une vaste formation auprès de plusieurs sommités : il suit l’enseignement du philosophe Alain, du sociologue Marcel Mauss et du sinologue Marcel Granet. L’apprentissage des langues anciennes et vivantes de l’Asie est également l’occasion de côtoyer grands maîtres et passeurs : Arnold Vissière (chinois), Louis Renou (sanskrit), Sylvain Lévi (sanskrit, tibétain, pāli),  Édouard Lorgeou (siamois), Pierre Guesde (khmer).

Recruté par l'École Française d'Extrême-Orient, il retourne en 1927 en Indochine, en même temps qu’il publie ses premiers écrits sur le monde indien (cf. « Le Bouddha paré. Son origine indienne. Çākyamuni dans le Mâhayanisme moyen », BEFEO XXVIII, 1929) avec un premier regard vers le Champa (« L'inscription à Vâlmiki de Prakâçadharma (Trà-Kiêu) », BEFEO XXVIII, 1929). Angkor, où il réside deux années durant, constitue son premier terrain professionnel, auquel il vouera plus tard un ouvrage encore inédit (« Masques d’Angkor »). Il part ensuite effectuer diverses missions à Java ou au Champa - dont il devient l’un des meilleurs ethnographes- non sans compléter consciencieusement sa documentation grâce à la bibliothèque de l’Ecole, à Hanoi.

Installé au carrefour de plusieurs disciplines qu’il manipule avec maestria - orientalisme, anthropologie, archéologie – il lance en 1935 son monumental   « Barabudur: esquisse d'une histoire du bouddhisme fondée sur la critique archéologique des textes ». Plus que le titre ne le laisse entrevoir, il s’agit d’un premier bilan d’une érudition exceptionnelle au service d’un esprit puissant, confronté plusieurs années durant au fait religieux asiatique. Après cette nouvelle décennie de terrain, il revient en France en 1936. Pétri d’une science et d’une expérience imposantes, il commence à prodiguer publiquement son savoir et à enseigner (Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Société Française de Philosophie, E.P.H.E.) notamment à travers une série de conférences ou d’articles qu’il publie : « L'Inde vue de l’Est », « Le symbolisme d’Angkor Thom », « La Tombe vivante », etc. Plus abordables que le Barabudur, ces textes brefs sont une voie privilégiée pour accéder à la pensée de Mus, comme l’illustre bien « La Tombe vivante ».

Cette dernière est une explication du bouddhisme en tant que religion des stûpas, dont la grammaire des formes, esquissée par l’auteur, nous montre qu’elle perpétue les anciennes croyances relatives à la mort dans la koinè de l’Asie des Moussons. C’est d’ailleurs, pour Mus, ce qui explique son succès, d’un bout à l’autre du continent asiatique. Si l’on peut à bon droit y voir une brillante lecture des faits bouddhiques, rien n’empêche d’y trouver, comme y invite le titre, une leçon sur cette religion première de l’écharpe des Moussons qu’est le culte du sol et des ancêtres associés. C’est l’un des apports essentiels de l’auteur que de montrer dans ses écrits qu’aux faits indiens classiques préexistent des faits religieux autochtones, très anciens.

Derrière une démarche complexe et foisonnante, l’orientaliste dégage les principes d’une sociologie religieuse de temps long, qu’on peut résumer comme suit : confrontant systématiquement les faits moraux (textes et pensées) aux faits matériels (architectures, iconographies, rituels), il utilise les seconds pour éclairer le sens caché des premiers. Sont alors dévoilés les invariants d’un sentiment religieux ‘asien’ encore valide de nos jours : distinct d’un animisme primitif, celui-ci se manifeste par une relation triangulaire entre la divinité du sol, la communauté des hommes et un jeu d’intermédiaires représentant ces derniers : la tombe vivante, d’une part, l’officiant religieux (chargé du culte aux ancêtres familiaux : prêtre, médium, chef politique) de l’autre.
La portée d’une telle leçon, développée ailleurs, est vaste. En plaçant dans une même « série ethnographique » l’intégralité des plastiques funéraires asiennes - pierre-génie vietnamienne, poteau funéraire du Golfe du Bengale, Kut cham, temple khmer, linga indien, stûpa tibétain, népalais, etc.– il pénètre au cœur d’une religiosité difficilement préhensible parce que formellement variée. Ainsi, l’eschatologie sous-jacente à ces pratiques funéraires est-elle sensiblement identique : en donnant une place vivante au défunt sous la forme d’une tombe plus ou moins personnifiée, la communauté s’assure un contact avec la divinité du sol tout en résorbant l’angoisse métaphysique inhérente à l’attente de la mort. Il y va d’ailleurs du simple défunt comme du Buddha. Sa thèse, publiée en 1939, - « La Lumière sur les Six Voies », une étude critique de textes bouddhiques sur la transmigration - se comprend comme une application des principes qui y sont esquissés, et dont elle est une manière d’aboutissement.

La guerre interrompt cette production. Les circonstances conduisent Paul Mus à reposer au lendemain du Second conflit mondial le problème des croyances religieuses asiennes, du point de vue cette fois du volant vietnamien, et sous une forme beaucoup plus engagée (« Vietnam, sociologie d’une guerre », 1952). C’est là l’essentiel de ses publications, la poursuite de son œuvre « bouddhiste » et indienne demeurant inédite, ou délivrée par fragments, heureusement regroupés par le sociologue Serge Thion (L’ Angle de l’Asie, Hermann, 1977 ; « The Iconography of an Aniconic Art, RES,1987, Barabudur, Arma Artis, 1990).

[Pour mieux apprécier l'unité de pensée du savant orientaliste derrière une production complexe et foisonnante, et lister l'essentiel de ses travaux, se référer à la présentation détaillée par Grégory Mikaelian à propos de l'article réédité de Paul Mus, « La Tombe Vivante », in  Péninsule, n°47,  2° semestre 2003 : 5-26 .]


« Études indiennes et indochinoises : I - L'inscription à Vâlmiki de Prakâçadharma (Trà-Kiêu) », BEFEO XXVIII, 1929 : 147-152.
Taille : 400 ko - Dernières modifications : 17/06/2007
 
« Études indiennes et indochinoises : II - Le Bouddha paré. Son origine indienne. Çàkyamuni dans le Mâhayanisme moyen », BEFEO, XXVIII, 1929 : 153-278.
Taille : 9840 ko - Dernières modifications : 17/06/2007
 
« Études indiennes et indochinoises : IV - Deux légendes chames », BEFEO, XXXI, 1931 : 39-101, 9 planches.
Taille : 8931 ko - Dernières modifications : 17/06/2007
 
« Barabudur, les origines du stûpa et la transmigration, essai d'archéologie religieuse comparée, I », BEFEO, XXXII, 1932 : 269-439.
Taille : 17790 ko - Dernières modifications : 17/06/2007
 
« Barabudur... : La valeur cosmique du stûpa, cosmogrammes et géomancie dans la croyance commune de l'Asie, II », BEFEO, XXXIII, 1933 : 577-981.
Taille : 26254 ko - Dernières modifications : 17/06/2007
 
« Barabudur... : Genèse de la Bouddhologie Mâhâyaniste, III », BEFEO, XXXIV, 1934 : 175-400.
Taille : 16610 ko - Dernières modifications : 17/06/2007
 
« L'Indochine en 1945 », Politique étrangère, vol. 11, n°4, 1946 : 349-374.
Taille : 3363 ko - Dernières modifications : 22/11/2009
 
« L'Indochine en 1945 » (suite), Politique étrangère, vol. 11, n°5, 1946 : 433-464.
Taille : 3565 ko - Dernières modifications : 22/11/2009
 

A savoir...


In Memoriam  Jacques NEPOTE (1943-2006)

Orientaliste, docteur en histoire et docteur en ethnologie, spécialiste du Cambodge et de la Péninsule indochinoise (CNRS).

Refondateur de la revue sous le nom de Péninsule en 1980, il en assumera la direction jusqu'à sa disparition le 26 janvier 2006.

Parcours & Œuvres
Taille : 667 ko

[Diffusion du document avec le concours de la revue Péninsule.]

 


Le Bulletin de la Société des Etudes Indochinoises (1865-1975) :

110 ans d’orientalisme en 249 volumes 
 
·  La plus vieille revue orientaliste française consacrée à l’Asie orientale : son ancêtre, le Bulletin du Comité agricole et industriel de la Cochinchine, paraît de 1865 à 1882. L’équipe de cette première version d’orientalisme de terrain se mue alors en Société des Etudes Indochinoises et publie le Bulletin de la Société des Etudes Indochinoises de Saïgon, de 1883 à 1959, qui devient le Bulletin de la Société des Etudes Indochinoises de 1960 à 1975. La libération du Sud-Viêtnam interrompt sa parution pour une trentaine d’années mais la société continue d’exister.
 
·  La base de données scientifique la plus complète et la plus variée sur les pays de la Péninsule indochinoise : le monde de la recherche dispose ainsi de diagnostics pluridisciplinaires (archéologiques, linguistiques, historiques, géographiques, anthropologiques, de politologie) sur les sociétés de Péninsule indochinoise au sens large (Viêtnam, Cambodge, Laos, Thaïlande, Birmanie, Sud Yunnan), en continu sur 110 années représentant au total (21 vol. du BCAIC +  70 vol. du BSEI ancienne série + 158 vol. du BSEI nouvelle série) 249 volumes ! Sans compter les Publications de la Société des Etudes Indochinoises (monographies des provinces de l’Indochine, etc.).
 
·  Une collection complète à Paris : la section d'études vietnamiennes de Paris-7 dispose de la collection complète du BSEI rééditée sur papier par la maison Kraus Reprint dans les années soixante-dix. Contact : Sophie Nguyên - sophie.hanh@free.fr -.
 
·  Une collection à Saigon : le Musée d’Histoire de HCM-Ville, ancien Musée Blanchard de la Brosse qui accueillait la Société des Etudes Indochinoises possède dans sa bibliothèque de plus de 6200 ouvrages et de 300 périodiques, intacte, la collection des BCAIC ainsi que la collection du BSEI et des monographies provinciales.

On peut récupérer au format .pdf des numéros entiers de la BSEI sur le site de gallica.

Le musée Blanchard de la Brosse...




... (actuel musée d'histoire du Vietnam) fut construit en 1929 pour héberger les collections de la Société des Etudes Indochinoises.


Bernard-Philippe Groslier fut conservateur au musée Blanchard de la Brosse au début des années 50. Dans cet article paru dans la revue Museum (vol. VII, 4, 1954 : 225-229 - une traduction en anglais y est accolée : 229-234), tout en présentant succinctement les collections du musée, il pose les jalons d'une réflexion sur le projet muséographique en milieu culturel sudest-asiatique.

" Le nouveau visage du musée de Saigon "
Taille : 15850 ko
 



 

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